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Okeanews, l’information militante

Okeanews est un phénomène qui prend de l’ampleur dans le petit monde médiatique franco-grec. Le site francophone – par lequel passe quiconque s’intéresse à l’actu grecque en VF – s’apprête à devenir payant. Rencontre avec son fondateur, Okeanos, dans un café où la foule préserve l’anonymat auquel il tient.

Okeanos cultive son anonymat pour préserver son indépendance (CFJ / CL)

Okeanos cultive son anonymat pour préserver son indépendance (photo CFJ/C.L.)

Olivier se cache derrière son pseudonyme Okeanos, « océan » en grec. Il ne souhaite pas être pris en photo et insiste pour relire ce qu’on écrit sur son compte (ce que The Parthenon Post a refusé). Il a 36 ans, est ingénieur de formation et voudrait que ses journées fassent 72 heures. Voilà à peu près ce que l’on sait sur le fondateur et l’unique contributeur du site Okeanews.

« Au début, j’ai fait ça par réaction, je ne cherchais même à savoir si ça allait marcher ou pas. Puis le site a décidé pour moi », explique Olivier à propos d’Okeanews. En 2010, lorsqu’il sillonne la Grèce où il est accueilli « à bras ouverts », il prend conscience, au fil de rencontres et de questionnements, de l’écart qui existe entre ce qu’il commence à connaître du pays et ce qu’en disent les médias. Pour lui, les Grecs sont cantonnés à des clichés. C’est le mouvement des Indignés, au printemps 2011, et son traitement médiatique qu’il juge erroné, qui le persuadent de venir s’installer à Athènes, pour de bon. Il décide de créer un site, et d’y publier ce qui se passe en Grèce, « tout ce qui se passe », tient-il à souligner. À l’heure où le pays est sous le feu des projecteurs, en raison de la crise qu’il traverse, Okeanews trouve vite son public.

La page d'accueil du site Okeanews. (capture d'écran)Depuis novembre 2011, Okeanews surfe sur la vague et relate l’actualité grecque, telle que son fondateur la voit. Okeanos ne parle pas encore vraiment le grec – « heureusement, les Grecs parlent bien l'anglais » - et travaille seul avec son ordinateur, chez lui. Quelles sont ses sources ? Des médias grecs indépendants, comme Radio Bubble. Okeanos s’est aussi créé un vaste réseau sur Twitter. « Je n’ai pas le temps ni les moyens de me rendre sur le terrain », concède-t-il humblement.

La page d’accueil du site Okeanews. (capture d’écran) Depuis novembre 2011, Okeanews surfe sur la vague et relate l’actualité grecque, telle que son fondateur la voit. Okeanos ne parle pas encore vraiment le grec – « heureusement, les Grecs parlent bien l’anglais » – et travaille seul avec son ordinateur, chez lui. Quelles sont ses sources ? Des médias grecs indépendants, comme Radio Bubble. Okeanos s’est aussi créé un vaste réseau sur Twitter. « Je n’ai pas le temps ni les moyens de me rendre sur le terrain », concède-t-il humblement.

Depuis novembre 2011, Okeanews surfe sur la vague et relate l’actualité grecque, telle que son fondateur la voit. Okeanos ne parle pas encore vraiment le grec – « heureusement, les Grecs parlent bien l’anglais » – et travaille seul avec son ordinateur, chez lui. Quelles sont ses sources ? Des médias grecs indépendants, comme Radio Bubble. Okeanos s’est aussi créé un vaste réseau sur Twitter. « Je n’ai pas le temps ni les moyens de me rendre sur le terrain », concède-t-il humblement.

Okeanos admet qu’il n’est pas journaliste. Sur son site, l’information prend des accents militants. « J’alerte par les faits », rectifie-il. A travers des articles volontiers alarmistes. « Parce que la situation est alarmante », se défend-il. Okeanos ne dément pas pour autant ses inclinations : « Je ne peux pas être pour l’austérité ni pour Aube dorée, mais je ne suis affilié à aucun parti politique. »

En revendiquant son indépendance, il brosse une critique des médias traditionnels, tant grecs que français. Pourtant Okeanews est aussi consulté par ceux dont il souhaite se démarquer. Le nuage de titres sur la home du site le rappelle. « Je ne me suis rendu compte qu’en septembre dernier que j’étais en fait une source privilégiée pour les médias francophones », explique Olivier. Okeanews joue plutôt le rôle d’alerte que de source, notamment lorsqu’il couvre les manifestations athéniennes. « Il relaye les bonnes infos », comme s’accordent à le dire plusieurs journalistes français basés à Athènes. « S’il était neutre, ce serait génial », confie d’ailleurs l’un d’entre eux.

Le pari risqué de devenir payant

Okeanos prévoit d’ailleurs de réserver un abonnement particulier aux médias lorsque son site deviendra payant. Ce sera chose faite d’ici la fin du mois d’avril. Un pari risqué mais Olivier n’a pas vraiment le choix. Après plus d’un an de fonctionnement bénévole, il arrive au bout de ses réserves financières. Jusqu’alors, il comptait sur des dons, trop rares.

Okeanos en appelle à ses 17 000 visiteurs uniques mensuels. Car, l’avenir d’Okeanews est suspendu à la réception de la version payante. Par cette évolution, Okeanos aspire passer du statut de blogueur à celui de journaliste, gagner en professionnalisme, s’entourer, enrichir son contenu. Cela suffira-t-il pour être le journaliste qu’il veut devenir ? En tout cas, Olivier ne cache pas son ambition : qu’Okeanews devienne le média francophone incontournable sur la Grèce. Il se donne deux mois pour atteindre la barre des 2000 abonnés, qui permettrait à l’aventure de continuer. Une échéance aux allures de défi pour Okeanos qui ne joue pas dans la demi-mesure : « Soit ça marche, soit j’arrête. »

 Camille LAURENT

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One Comment

  1. Heureusement qu’Okeanews est là pour faire le travail qu’aucun journaliste « des rédactions parisiennes » ne fait.
    Merci à lui !