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Erasmus au paradis

Athènes et ses quelques milliers d’étudiants étrangers reste une destination prisée pour les échanges universitaires. The Parthenon Post est allé à la rencontre de ces expatriés pour comprendre ce qui les attirent ici.

Après les cours, David a pris l'habitude de se rendre dans ce café pour boire un coup (Photo CFJ/ M.B)

Après les cours, David a pris l’habitude de se rendre dans ce café pour décompresser. (photo CFJ/M.B.)

Il se pose à la terrasse d’un bar, à quelques pas de l’Acropole, un café frappé à la main. David, étudiant de 21 ans en management des entreprises, a adopté le mode de vie grec : « Doucement le matin et pas trop vite l’après-midi », résume-t-il. Avec 15 heures de cours en moyenne par semaine, on est loin de l’esclavagisme moderne. Cela le change de la fac en France. Il vit à Athènes depuis septembre, après trois ans de licence d’économie à Lille. « Je voulais absolument partir, peu importe la destination », raconte-t-il. Mais Athènes était quand même un drôle de choix : « Quand je l’ai dit à mon père, il m’a dit que je n’aurais pas pu trouver pire. » Pourtant, David se plaît bien dans la capitale grecque.

Les débuts ont certes été un peu difficiles : « Il m’a fallu trois semaines pour apprivoiser la ville mais aujourd’hui j’adore. » Les rencontres avec les autres étudiants étrangers ont aussi joué leur rôle. Comme lui, plusieurs centaines d’étudiants français, allemands, espagnols, polonais ou turcs poursuivent leur cursus à Athènes. Et tout est fait pour leur faciliter la vie : démarches administratives simplifiées, semaine d’intégration, cantine gratuite à la fac et, surtout, associations entièrement consacrées au bien-être des étudiants Erasmus.

 « Les boîtes de nuit ne sont jamais en grève »

Parmi elles, Athensmus, créée il y a trois ans par les frères Jorge et Dimitri Gaitis, qui se veut la principale association Erasmus. « Nous voulions faire quelque chose de novateur pour les étudiants étrangers, explique Jorge. Par exemple, on organise des sorties un peu partout en Grèce, dans des endroits peu touristiques. » C’est vrai que personne ne connaît Mykonos après tout… Mais cela marche. Pour Joanna, étudiante polonaise de 23 ans, ces activités sont vraiment « awesome » (génial, ndlr). « J’ai adoré le week-end organisé sur un yacht », raconte-t-elle. David, lui, est plus mitigé sur cette association : « Ils ont tendance à se faire de l’argent sur notre dos, moi je préfère l’ESN. »

Ce local d'Athensmus accueille toutes les semaines environ 200 étudiants qui viennent faire la fête (Photo CFJ/ M.B)

Ce local d’Athensmus accueille toutes les semaines environ 200 étudiants qui viennent faire la fête. (photo CFJ/ M.B.)

L’ESN ou Erasmus Student Network, une organisation présente dans toute l’Europe, possède cinq bureaux à Athènes, un pour chaque université. « Ça permet de rencontrer des personnes des autres facs, ils organisent des super soirées, on se retrouve tous entre Erasmus, c’est vraiment cool », explique David.

La crise ? Ils ne connaissent pas. « On la voit à l’université, pendant les grèves dans les transports ou à l’université, mais ce n’est pas un problème. Et puis les boîtes de nuits ne sont jamais en grève », confie Joanna. David la ressent tellement peu que pour lui, Lille et Athènes se ressemblent beaucoup au niveau des prix. « La nourriture et les transports coûtent aussi chers qu’en France », estime-t-il. La différence se fait essentiellement au niveau des sorties : « En France, j’habite dans une banlieue un peu éloignée de Lille, du coup je ne sors pas beaucoup, alors qu’ici c’est tout le temps la fête. » Quasiment des vacances quotidiennes ? « On peut dire ça comme ça ».

« Je vais pouvoir dire à ma fac que c’est génial »

Seul bémol – il faut bien trouver un –, l’organisation chez les Grecs. « Ici, la ponctualité, ils ne connaissent pas. Et moins ils en font, mieux ils se portent. Parfois j’ai l’impression que les touristes, ce sont les profs », assure le jeune homme. Mais ce ne sont pas les cours qui le motivent principalement : « Je compte plus apprendre sur le plan humain et profiter sur le plan intellectuel. » Il a même une camarade qui a quitté le pays parce que le rythme était « trop léger ».

Au final, le bilan reste plutôt (très) positif. A tel point que David n’hésitera pas à conseiller Athènes pour les futurs étudiants de son université. « J’ai un rapport à rendre à ma fac, je vais pouvoir leur dire que c’est génial », glisse-t-il. On veut bien le croire.

Thomas AUDEBERT et Martin BOURDIN

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