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Dans la poudrière du basket athénien

Depuis 1995, l’Olympic Indoor Hall est occupé par le Panathinaïkos. Jeudi 4 avril, les Verts y accueillaient le CSKA Moscou (63-69) pour le dernier match du Top 16 de l’Euroligue de basket. Sans grand enjeu, mais dans une ambiance exceptionnelle.

Plus de 19 000 personnes étaient présentes le 4 avril pour le match entre le Panathinaïkos et le CSKA Moscou.

19 000 fanas poussent le Pana (en vert) contre le CSKA Moscou. Même les escaliers sont bondés de supporters debouts. (photo CFJ/M.B.)

Une cocotte minute sous pression. Voilà ce qui se rapproche certainement le plus de l’OAKA, la salle enfumée et surchauffée dans laquelle joue la section basket du Panathinaïkos. Au plafond, six bannières pour les six titres européens remportés par le club d’Athènes. On est ici dans l’un des plus grands temples du basket européen.

Bien avant le coup d’envoi, on comprend que les 19 000 places ne seront pas suffisantes pour ce choc contre le CSKA Moscou, club russe lui aussi six fois vainqueur de l’Euroligue, pour douze finales. Même si les deux clubs sont assurés de se qualifier pour les quarts de finale, cette rencontre a des airs de  »match de l’année ». Peu importe comment on est installé, il faut être là. Les escaliers des tribunes sont pris d’assaut par des centaines de supporters, les autres s’assoient un peu où ils peuvent. Le numéro qu’indique votre ticket n’a plus de valeur : premiers arrivés, premiers assis, y compris à deux par siège. Mais quand le match commence, plus de palabres. Des chants.

Un sixième homme, un vrai

Sur le parquet, les locaux souffrent en début de match. Des deux côtés, ça défend fort. A chaque possession russe, les sifflets assourdissent nos oreilles. Aucun spectateur ici, uniquement des supporters ! Des vrais. L’expression « sixième homme » prend tout son sens. On finit par n’entendre que les silences, tant ils se font rares. Et ça fonctionne : à la pause, le public a réussi à remettre les Verts devant, pour un petit point. Quelle intensité pendant ces deux premiers quart-temps ! Un quart d’heure de calme, mais personne ne quitte sa place, assise ou debout. Trop peur de ne jamais la retrouver.

Ca repart pour une seconde période en « copié-collé » de la première. En tribune, sous l’impulsion du groupe d’ultras, ça chante, ça saute, ça bouge, ça siffle. Surtout quand Milos Teodosic et Lukas Papaloukas, deux anciens du club ennemi, l’Olympiakos, ont le ballon. Les Verts souffrent mais restent dans le match grâce à Michael Bramos, auteur de 18 points, à 7/10 aux tirs.

Accrochées au toit de la salle, les bannières le glorieux passé (pas si lointain) du club.

Accrochées au toit de la salle, les bannières rappellent le glorieux passé (pas si lointain) du Pana. (photo CFJ/M.B.)

Et tant pis si l’icône verte, Dimitris Diamantidis, passe à côté de son match. A chaque tir manqué, chaque balle perdue, les supporters l’applaudissent. Ils n’oublient pas ce qu’il apporte en temps normal. Dans le money time, voilà que l’une des membres de la délégation russe se met à filmer les tribunes depuis le bord du parquet… Déchaînement immédiat des supporters, qui n’apprécient pas cet « oeil de Moscou » : les bouteilles d’eau pleines volent dans sa direction,  il faut l’intervention des joueurs du Pana pour calmer les esprits et permettre au match de se terminer. Mais quand le CSKA prend quatre points d’avance à neuf secondes de la fin, toute l’enceinte comprend que le sort de leurs favoris est scellé. Une défaite frustrante, tant l’écart entre les deux équipes est minime.

Les banderoles accrochées aux gradins sont enlevées une à une. Mais personne ne part. Malgré la défaite (63-69), tout le monde reste pour saluer les grands hommes verts. Avant d’être supporters, ils sont des connaisseurs du basket. Et savent que, des matches comme celui-ci, ils n’en voient pas toutes les semaines. Nous non plus.

Martin BOURDIN

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