PΦlitique / SPΘRT

Otto Rehhagel, le retour controversé

L’entraîneur allemand, qui avait dirigé l’équipe de Grèce de football pendant dix ans et triomphé à l’Euro 2004, vient d’hypothéquer une partie de son crédit en revenant à Athènes, pour la première fois depuis trois ans, au sein d’une délégation de politiciens allemands. 

Otto Rehhagel a entrainé l'équipe nationale de Grèce pendant 10 ans (Crédit Photo: Flickr/Antonis Kyrou)

Otto Rehhagel a conquis le seul titre international de l’équipe de Grèce, en battant en finale de l’Euro 2004 le Portugal, chez lui à Lisbonne. (photo Flickr/Antonis Kyrou)

 

« Il aurait pu revenir en tant qu’Otto Rehhagel, le plus grand entraîneur de l’histoire de la Grèce, il aurait été très bien accueilli… » Pour George Georgakopoulos, journaliste de sport au quotidien Kathimerini, comme pour tous les amateurs de foot en Grèce, et Zeus sait qu’ils sont nombreux, la visite d’Otto Rehhagel – les 26, 27 et 28 mars derniers – a sérieusement écorné la réputation du Teuton.

« Pour son premier retour chez nous depuis qu’il a quitté la direction de l’équipe nationale, voici trois ans, il arrive dans une délégation germanique officielle ! Il ne pouvait pas avoir une plus mauvaise idée », estime également Kostas Kallergis, journaliste indépendant. George Georgakopoulos explique clairement : « Le véritable sens de la visite de Rehhagel, c’est une tentative d’Angela Merkel pour que les Allemands soient moins perçus comme des ennemis. »

« Il jouait le rôle de pantin pour Angela Merkel »

Otto Rehhagel, qui accompagnait le député allemand en charge de la question grecque, a serré des mains et assuré la population de son soutien et de sa confiance. Une opération de communication qui n’est visiblement pas passée : des manifestations hostiles à l’Allemagne se sont succédées pendant les trois jours. « L’attitude de Rehhagel est une insulte à l’intelligence des Grecs, lance Kostas Kallergis. Il a voulu faire croire qu’il venait pour nous, en fait il jouait le rôle de pantin pour Angela Merkel. »

Le coach qui a qualifié pour trois grandes phases finales (2004, 2008 et 2010) une équipe grecque qui n’en avait connu que deux auparavant dans son histoire (1980 et 1994), était jusque-là adulé par le peuple hellène. « Avant son arrivée, en 2001, notre équipe nationale ne représentait rien, explique George Georgakopoulos. Les joueurs venaient par obligation, lui a su instaurer une passion pour le maillot bleu et blanc. »

« Il ne s’est certainement pas fait de nouveaux amis »

« Il ne s’est certainement pas fait de nouveaux amis », souligne George Georgakopoulos. Le football a d’ailleurs été presque absent de cette visite. « Il a vaguement vu un match de jeunes », peste Costa Kallergis. Sa seule déclaration à propos de la crise ? « Parlez-moi de football, je ne connais rien à la finance. Chez moi, c’est ma femme qui gère les comptes ! »  Otto a toujours préféré gérer des joueurs de foot.

Thomas AUDEBERT

Tags: , , ,

Comments are closed.