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La radio-télévision publique cajole ses archives

Les trente fonctionnaires qui travaillent aujourd’hui au sein du département des archives de la radio-télévision publique grecque (l’ERT) ne sont pas peu fiers de leur trésor : des centaines de milliers d’heures d’enregistrement reposent en leurs murs et sont consultables par tous.

 

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Les étagères des archives de l’ERT regorgent d’enregistrements audiovisuels diffusés de 1910 à aujourd’hui. (photo CFJ/J. C.)

L’imposant et décrépit bâtiment de l’ERT, construit en 1972, abrite au premier étage une caverne de plus de 1200 mètres carrés. Bobines, bandes magnétiques, vinyles, photographies et journaux s’entassent méticuleusement sur d’interminables rangées d’étagères. « Au total, nous avons réussi à regrouper ici près de 80% du patrimoine audiovisuel grec », estime Despina Lervou, fonctionnaire au département des archives de l’ERT depuis sa création en 1990.

Le travail pour rassembler, entre autres, les 136 500 heures de vidéo et les 85 000 heures d’enregistrements radio a été considérable. « Le matériel était dispersé dans toute la Grèce », explique Despina Levrou. Le plus ancien extrait archivé est un documentaire sur les rives du Bosphore qui date de 1910.

« Nous nous efforçons de restaurer le maximum de vidéos que nous possédons, mais c’est un travail minutieux qui nécessite beaucoup de temps », poursuit la fonctionnaire, en expliquant la complexité de la réparation des bobines et du nettoyage des bandes image par image.

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Angeliki Sonplaoura restaure d’anciennes bobines, avant que celles-ci soient numérisées. (photo CFJ/ J.C.)

Preuve que la crise ne freine pas la volonté tenace de conservation du patrimoine audiovisuel grec, une politique de numérisation des données est menée depuis 2008 par l’ERT. Financée à 80% par le Fonds européen de développement régional, elle a déjà permis la mise en ligne de 20 000 fichiers d’archives consultables par tous.

«Une tâche qui devrait se poursuivre au minimum sur les sept prochaines années, explique Basilis Alexopoulos, le directeur des archives. Il faut à la fois rattraper le retard sur les vidéos anciennes et continuer à numériser au jour le jour.» En effet, malgré un effectif limité par les restrictions imposées (50 fonctionnaires début 2012, 30 aujourd’hui), le travail se poursuit tant bien que mal, à la fois sur la mise en ligne des journaux télévisés du jour et sur la numérisation de vidéos d’archives.

Jérôme COUTON

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