A Շable / Cré-acΓion

Jeunesse grecque : une crise, un rêve et ça repart (1/2)

Malgré la crise, certains jeunes Grecs décident de donner un sens nouveau à leur vie en réalisant leur rêve. A l’image de ces quatre jeunes femmes qui ont monté une épicerie solidaire, La Candona.

La Candona, épicerie Solidaire 

Nasia, Eleni, Dimitra et Niovi sont quatre vieilles amies. Elles font partie de ces Grecs qui se sont lancés, au  cœur de la crise, dans la réalisation d’un projet. La Candona, leur « café solidaire» n’est plus un rêve depuis septembre 2011.  Et motivation comme bonne humeur sont restés leurs moteurs.

DSC_0093

Le petit comptoir de la Candona accueille la bonne humeur des habitués (Photo CFJ/M.F.)

En 2010, les jeunes femmes décident de démissionner du magasin bio dans lequel ces trentenaires travaillent, pour différentes raisons qu’elles ont aujourd’hui préféré oublier. Sans emploi, les amies réveillent un vieux projet commun : ouvrir un petit café-épicerie équitable « On avait envie de vendre des produits du commerce équitable mélangés à des produits grecs locaux », explique Nasia, l’aînée des quatre.

Le pari était risqué. Mais aujourd’hui, la petite épicerie-cafétéria s’anime sur la place Ipitou à deux pas du centre d’Athènes. « On a pris beaucoup de risques mais plutôt que de rester sans emploi, ou de retrouver un travail avec un patron pour un très petit salaire, on a préféré se lancer », explique Niovi.

DSC_0101

Nasia et Niovi, deux des quatre jeunes femmes à l’origine de La Candona. (Photo CFJ/M.F.)

Située aux abords d’une petite place discrète, La Candona est un peu à l’écart du grouillement du centre d’Athènes, «c’était un challenge pour nous de nous faire connaître », explique Nasia. Mais les produits de qualité ont fait la renommée de l’endroit.

« Les consommateurs supportent plus facilement les producteurs grecs »

Les habitués défilent dans l’ambiance amicale de la minuscule cafétéria. «C’est plus qu’une simple épicerie, c’est un feeling avec les clients. On crée vraiment un lien avec le consommateur. C’est un lieu de rencontres et d’échanges», insiste Nasia. Leur succès grandissant réside aussi dans leur originalité : la capitale grecque n’accueillait, avant cela, que très peu de lieux mélangeant le plaisir de déguster un café en terrasse tout en achetant ses grains.

DSC_0091

Les étagères de La Candona regorgent de produits grecs et du commerce équitable. (Photo CFJ/M.F.)

Un projet osé, d’autant plus que les produits « équitables » sont souvent plus chers que les autres. « Avec la crise, les Grecs consomment différemment, décrit Niovi, ils supportent plus facilement les producteurs grecs et préfèrent aussi souvent mettre un ou deux euros de plus pour un produit de qualité, plutôt que d’aller au supermarché.» Nasia renchérit : «Ici au moins, c’est le producteur qui fixe le prix, pas le supermarché.»

La Candona ne se limite pas à son statut déjà double de café-épicerie, l’endroit fait également naître certains évènements. Ce mois-ci, un « Spring Bazar » prendra place sur la petite place Ipitou, devant le café. Une façon de rassembler musique et jeunes créateurs, dans la mouvance solidaire et équitable de l’épicerie fine.

Aujourd’hui, les propriétaires arborent un immense sourire et tentent de donner l’exemple aux jeunes qui doutent encore de leurs projets. «Il faut foncer, insistent-elles. La seule chose qui peut nous faire avancer dans la crise, c’est cette bonne humeur et cette motivation», renchérit Niovi qui conclut en un mot : «Allégria.»

Maurine FORLIN

Tags: , , , , ,

Comments are closed.