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Sons d’Athènes : 1. Mais où sont les klaxons ?

Chroniques à la première personne d’Athènes à travers ses bruits : grabuge, commérages, détonations, qu’en dira-t-on ou cris.

Premier opus, les coups de klaxon. Si nombreux en 2011 lors d’une première visite en Grèce, ils se font rares… 

 

Rue Athinas, les coups de klaxons sont de plus en plus rares, mais lorsque les piétons traversent sans prévenir.

Rue Athinas, les automobilistes laissent les piétons      traverser au milieu de la voie, sans klaxonner.                                   (Photo CFJ/C.F.)

Je me souviens d’une capitale foisonnante, où les klaxons étaient les palpitations d’un joyeux capharnaüm, redoublant d’ardeur aux heures d’embouteillages, alimentant le brouhaha nonchalant des rues ou recouvrant les conversations des hommes assis au café, qui haussaient alors la voix tout en fumant leur cigarette. C’était il y a deux ans à peine, mais cela semble si loin.

Aujourd’hui, dans le centre-ville d’Athènes, les crissements de pneus des taxis jaunes, les pas pressés des piétons imprudents, les cliquetis des warnings des bus stationnés au milieu des artères semblent les mêmes. Toujours les vrombissements des mobylettes et les altercations entre chauffeurs sans casque. Mais les klaxons, eux, sont allés se faire entendre ailleurs. Quelques « tuutut », qui  surgissent parfois si un automobiliste ne démarre pas au quart de tour lorsque le feu passe au vert, sont vite étouffés par les ronflements de la circulation.

 

Cliquer pour écouter 17 secondes de remous sonores dans la rue Athinas, qui relie la place Omonia à la place Monastiraki

 

La crise aurait-elle eu raison des klaxons ? L’essence est de plus en plus chère, alors beaucoup d’Athéniens ont choisi de laisser leur voiture au garage. Leurs pas rythment aujourd’hui la capitale. Elias, 20 ans, prend le métro tous les matins pour parcourir les dix kilomètres qui séparent son appartement, situé à Petroupoli, au nord de la ville, du kiosque où il travaille, rue Athinas. « Avant, je venais en voiture, mais le métro me permets de faire des économies, même si le trajet dure vingt minutes au lieu de dix. » 

Place Monastiraki, les taxis attendent le client.

Place Monastiraki, les taxis klaxonnent plus rarement. (Photo CFJ/C.F.)

 

Restent les chauffeurs de taxi, toujours nombreux à attendre en double file le client près de la place Monastiraki. Stavros, 30 ans, barbe rousse et petites lunettes rondes, m’assure qu’il « klaxonne moins qu’avant car il y a moins de circulation en centre ville ». Et il peste contre cette « situation économique intenable »,  avant de continuer sa route au volant de son taxi jaune. Sans klaxonner le scooter qui gêne son départ, malgré sa moue désapprobatrice. Comme sans espoir, que la voie qu’il a devant lui, se dégage pour le laisser avancer.

Clémence FULLEDA

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