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« Les Chypriotes sont nos frères ! »

Un rassemblement de soutien aux Chypriotes a eu lieu à Athènes, dimanche 31 mars au soir. Reportage place Syntagma, devant le Parlement grec.

Devant le Parlement, des Grecs de tous les âges sont venus manifester pour soutenir leurs "frères" Chypriotes. (Photo A.Lecerf/CFJ)

Devant le Parlement, des Grecs de tous les âges manifestent pour soutenir leurs « frères » Chypriotes.                         (Photo CFJ/A.L.)

« Les Grecs sont des Chypriotes et les Chypriotes sont des Grecs ! » Il est 18h30 et Maria Pappa, 46 ans, brandit une banderole au lieu de préparer son cours de danse du lendemain. Comme plusieurs centaines d’Athéniens, cette professeure de ballet est venue manifester place Syngtama en solidarité avec Chypre. Pour éviter la faillite, le gouvernement de l’île vient de signer un accord avec Bruxelles prevoyant la mise en place d’une taxe exceptionnelle sur tous les dépôts bancaires, qui pourrait s’élever jusqu’à 60%, en contrepartie d’un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros. « Ce qui arrive à Chypre nous touche profondément, ici chaque Grec à quelqu’un de sa famille qui est chypriote », explique Maria. L’île de Chypre, située assez loin des côtes grecques dans la partie la plus orientale de la mer Méditerranée, partage avec sa voisine une langue et une histoire communes. « Les Chypriotes nous ont aidés en rachetant une partie de notre dette, c’est normal que nous les soutenions à notre tour », ajoute Manolis Venissis, 35 ans, membre de la coalition de gauche Syriza et professeur de mathématiques.

"Nous sommes comme eux", pouvait-on lire sur les banderoles (Photo C.Fulleda/CFJ)

« Nous sommes comme eux », peut-on lire sur les banderoles (Photo CFJ/C.F.)

Alors que la nuit tombe, les manifestants redoublent d’efforts pour se faire entendre, même s’ils ne sont pas nombreux. Un groupe de motards solidaires, gilets fluo enfilés sur des blousons de cuir, klaxonnent et font vrombir les moteurs de leurs bécanes.

« Que va t-on devenir ? »

Appuyés sur des barrières, des jeunes narguent les policiers postés devant le Parlement. Car c’est aussi aux députés qu’ils s’adressent. « Les politiques ne nous ont pas sorti de la crise… Si même Chypre s’effondre, que va t-on devenir ? », s’interroge Anna Prammatia, 24 ans, venue manifester en famille. Depuis plusieurs années,  cette île était une porte de sortie pour les Grecs. « Là-bas, on pouvait trouver du travail et on était payé deux fois plus », assure Manolis Venissis.

Ce soir, la manifestation se disperse calmement. Si le mouvement ne semble pas encore massif, Anna, Manolis et Maria l’assurent, ils continueront de se battre pour eux et pour les Chypriotes.

Clémence FULLEDA et Anna LECERF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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