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Un goût de Turquie au cœur d’Athènes

Place Monastiraki, au coeur d’Athènes, la roulotte de Charlie Kostas ne connaît pas la crise. Son salep, une boisson turque à la canelle, attire de nombreux touristes.

 

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Charlie Kostas est installé place Monastiraki pour vendre du salep, une spécialité de sa Turquie natale. (photo CFJ/M.F.)

De grandes théières dorées attirent l’œil des passants de la place Monastiraki, l’un des trois sommets du « Triangle d’Or » d’Athènes. Mais elles ne contiennent pas du thé. « Je vends du salep, une préparation à base de bulbes d’orchidées, de sucre, de cannelle et de lait », explique Charlie Kostas, le marchand.

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L’échoppe de Charlie Kostas.           (photo CFJ/M.F.)

Dans son échoppe itinérante, il n’y a ni gaz, ni électricité. Le salep est cuit le matin et maintenu au chaud toute la journée par un four au charbon : « Une technique qui date de plusieurs siècles », insiste Charlie Kostas. Résultat : une épaisse texture couleur lin qui plaît aux touristes comme aux Grecs.

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Le salep, une boisson sucrée et épaisse, couleur lin.          (photo CFJ/M.F.)

« Le salep est une spécialité turque qu’on vend beaucoup à Istanbul, surtout en hiver quand il fait froid », précise Charlie Kostas. Et pour cause, nombre de desserts grecs à base de cannelle ressemblent à cette boisson aux vertus tonifiantes et aphrodisiaques qui, en arabe, signifie « testicule de renard ». Un « bon business », qui fait la fierté du vendeur.

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Charlie Kostas réchauffe toujours son salep à l’ancienne, sur du charbon. (photo CFJ/M.F.)

« C’est mon grand-père qui m’a transmis la technique, j’avais 6 ans. Je n’ai jamais arrêté depuis », raconte Charlie Kostas, aujourd’hui âgé de 66 ans. Originaire d’Istanbul, le vieil homme barbu qui porte des lunettes fumées tient à faire perdurer la tradition. A ses côtés, sa petite fille attentive à chacun de ses gestes.

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Charlie Kostas extrait quotidiennement son salep de cette grande vasque dorée. (Photo CFJ/M.F.)

Parmi les danseurs de rue et les vendeurs de colliers de la place Monastiraki le marchand doit aussi faire face à la concurrence des cafés. Jusqu’alors, ni elle ni la crise n’ont pourtant eu raison de son commerce.

Maurine FORLIN et Carole PELÉ

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